Définition
Mesure quantitative du pouvoir a priori d'un électeur dans un organe de vote binaire à votes pondérés, définie comme la proportion (ou le compte normalisé) de toutes les coalitions possibles pour lesquelles cet électeur est pivot — c'est‑à‑dire que son changement de position oui/non change le résultat — sous l'hypothèse que les coalitions sont évaluées uniquement par rapport à l'atteinte d'un quota fixe et que toutes les coalitions sont également probables.

Principe

Principe
Le nombre de voix formel peut diverger fortement du pouvoir effectif de décision ; l'indice met cela en opération en comptant les occurrences critiques à travers toutes les configurations de coalition, fournissant une mesure a priori d'influence indépendante des préférences des votants.

Démonstration

Démonstration
Scénario illustratif : un conseil à trois membres pèse {5, 4, 1} et le quota est 6. Les coalitions gagnantes sont {5,4}, {5,1} et {5,4,1}. Le membre de poids 5 est critique dans les trois coalitions gagnantes ; le poids 4 n'est critique que dans {5,4} ; le poids 1 seulement dans {5,1}. En comptant les occurrences critiques et en normalisant, on obtient des parts relatives de pouvoir (ici 5 : 0,6 ; 4 : 0,2 ; 1 : 0,2). Cela montre qu'un poids plus élevé peut détenir un pouvoir pivot disproportionné.

Mauvaise application

Mauvaise application
Prétendre que l'indice représente la probabilité réelle d'être pivot dans des élections concrètes sans tenir compte des préférences corrélées, des probabilités de coalition inégales, du vote séquentiel, de l'incertitude sur la participation ou du comportement stratégique ; ou confondre l'indice de Banzhaf avec d'autres indices fondés sur des hypothèses différentes (par ex. Shapley–Shubik).

Conséquence

Conséquence
Correctement utilisé, l'indice révèle les écarts entre poids formels et influence pratique, aidant à concevoir ou réformer des instances de vote pondéré (comités, conseils, assemblées d'actionnaires) ; mal appliqué, il peut induire en erreur si ses hypothèses structurelles sont violées.

Inversion

Inversion
Lorsque la formation des coalitions n'est pas aléatoire — p. ex. les probabilités de coalition varient systématiquement, les votes sont corrélés, les négociations sont séquentielles ou les préférences sont orientées par des politiques — l'indice a priori cesse d'être un bon prédicteur et doit être remplacé par des mesures a posteriori ou fondées sur des modèles.

Limite

Limite
Dans le champ : décisions collectives binaires (oui/non) dans des systèmes de vote à poids fixes avec un quota défini et intérêt pour le pouvoir a priori. Exclut : votes à options multiples, modèles de négociation incluant des compensations, électorats où les probabilités de coalition sont empiriquement connues et non uniformes, et contextes nécessitant des probabilités pivotales empiriques plutôt que des comptes combinatoires.

Tension sémantique

Tension sémantique
Mesures mathématiques a priori du pouvoir ↔ mesures empiriques/politiques de l'influence : l'indice sacrifie le réalisme empirique au profit de la généralité et de la tractabilité, générant une tension entre impartialité théorique et précision prédictive contextuelle.

Synthèse

Synthèse
L'indice sépare le poids formel du vote et la capacité à faire basculer les décisions en se concentrant sur la criticité combinatoire ; il est pertinent comme outil diagnostique des incitations institutionnelles à condition d'expliciter ses hypothèses simplificatrices.