Définition
Principe du droit des sociétés selon lequel un fiduciaire (généralement administrateur ou dirigeant) ne doit pas s'approprier ou exploiter une opportunité commerciale qui appartient à la société, relève de son activité ou pourrait l'avantage matériellement sans divulgation complète et, si nécessaire, sans consentement ou autorisation éclairée de la société.

Principe

Principe
Si une opportunité relève de l'intérêt de la société et qu'un fiduciaire la saisit sans divulgation ni autorisation appropriée, il viole son devoir et peut être tenu de restituer les gains ou rendre compte des profits.

Démonstration

Démonstration
Scénario illustratif → Situation : un administrateur apprend l'existence d'un contrat en lien étroit avec les activités de la société. → Reconnaissance : l'opportunité est potentiellement corporative car elle correspond au marché et aux capacités de l'entreprise. → Action : l'administrateur ne la divulgue pas et la réalise à titre personnel. → Conséquence : la société peut demander des remèdes (par exemple récupération des profits ou transfert de l'opportunité), la diversion ayant été réalisée sans autorisation.

Mauvaise application

Mauvaise application
Application trop extensive qui assimile toute idée commerciale tangentielle ou potentielle à la propriété de la société, ou à l'inverse croire que les fiduciaires ne peuvent jamais entreprendre personnellement lorsque la société manque de capacité ou d'intérêt ; ces erreurs méconnaissent le test factuel et le rôle de l'autorisation.

Conséquence

Conséquence
Effet sur la gouvernance : les conseils et fiduciaires doivent instituer des procédures de divulgation et traiter les conflits de manière proactive ; le manquement expose juridiquement et peut imposer des mesures correctives même sans intention dolosive.

Inversion

Inversion
La doctrine ne s'applique pas lorsque la société a par politique ou décision renoncé à l'opportunité, n'a pas la capacité financière ou contractuelle de la poursuivre, que des administrateurs indépendants autorisent la prise d'opportunité après divulgation, ou lorsque l'opportunité a été développée entièrement avec des ressources personnelles et sans recours au poste ou à l'information de la société.

Limite

Limite
Dans la définition : opportunités relevant nettement du cœur d'activité de l'entreprise et impliquant l'usage d'actifs ou d'informations corporatives. Cas limite : opportunités adjacentes au marché de la société où les faits et la capacité déterminent l'appartenance. Hors : opportunités purement personnelles sans lien avec l'activité de la société et développées indépendamment.

Tension sémantique

Tension sémantique
Tension entre la protection des intérêts de la société (et des actionnaires) et la préservation de l'initiative entrepreneuriale des fiduciaires ; la résolution nécessite un examen factuel et des sauvegardes de gouvernance plutôt qu'une règle catégorique.

Synthèse

Synthèse
La doctrine traduit un test factuel qui équilibre protection corporative et autonomie fiduciaire : elle porte sur la proximité avec l'activité, l'utilisation de ressources ou d'informations sociales, et la qualité de la divulgation et de la décision corporative.