Définition
Théorie monétaire qui affirme que, pour une économie et une période données, le niveau général des prix (P) est déterminé par la quantité de monnaie nominale (M) multipliée par la vitesse de circulation de la monnaie (V) et divisée par la production réelle (Y) (MV = PY), et que, lorsque V et Y sont suffisamment stables, des variations proportionnelles de M entraînent des variations proportionnelles de P.

Principe

Principe
Sous l'hypothèse d'une vitesse stable et d'une offre monétaire exogène, une variation de M se traduit par une variation proportionnelle du niveau des prix selon MV = PY.

Démonstration

Démonstration
Scénario illustratif → Situation : une banque centrale double la base monétaire nominale alors que V et Y restent inchangés à court terme. → Reconnaissance : MV = PY implique que P doit s'ajuster si M double. → Action : les prix se réajustent à la hausse dans l'économie. → Conséquence : le niveau général des prix augmente approximativement du même facteur.

Mauvaise application

Mauvaise application
Appliquer la théorie comme une loi inconditionnelle à court terme : on la contredit en supposant que toute hausse de la masse monétaire provoque immédiatement et proportionnellement l'inflation, sans vérifier la stabilité de V, la réaction de Y ou l'endogénéité de la monnaie.

Conséquence

Conséquence
Lorsque ses hypothèses sont respectées, la théorie indique que les autorités monétaires peuvent influencer le niveau des prix à long terme par la maîtrise de la croissance monétaire ; mal appliquée, elle peut induire en erreur les décisions de politique lorsque V ou Y changent.

Inversion

Inversion
La relation proportionnelle cesse de s'appliquer lorsque la vitesse est instable (innovation financière, évolution des moyens de paiement), lorsque la production réelle réagit à la politique monétaire, ou en situation de trappe à liquidité ; dans ces cas, une augmentation de M peut ne pas élever P.

Limite

Limite
Dans la définition : économie fermée et période où V et Y sont approximativement constants et M exogène. Cas limite : économie ouverte avec mouvements de capitaux ou évolution rapide des pratiques de paiement. Hors définition : contexte où l'offre de monnaie est endogène via le crédit bancaires et M n'est pas contrôlable ex ante.

Tension sémantique

Tension sémantique
Oppose l'approche quantitative aux approches keynésiennes et axées sur la demande, pour lesquelles taux d'intérêt, production et anticipations modèrent l'effet de la monnaie sur les prix.

Synthèse

Synthèse
La théorie articule une identité comptable et des hypothèses comportementales ; elle sert de guide de long terme sur le lien entre agrégats nominaux et prix, mais sa validité causal dépend de la stabilité empirique de la vitesse et des mécanismes de transmission monétaire.