Définition
Un ensemble de régularités empiriques liant la croissance du secteur manufacturier, les gains de productivité et la croissance globale en soutenant que l’expansion et les gains de productivité dans la manufacture tendent à entraîner, par la demande, le changement structurel et des externalités positives, une augmentation à long terme du PIB et de la productivité globale.
Principe
Principe
Lorsque l’industrie manufacturière s’étend et connaît une croissance de productivité plus élevée que les autres secteurs, sa croissance de production stimule la demande pour les biens non manufacturés, augmente la productivité agrégée par des liaisons intersectorielles et soutient une expansion économique durable.
Démonstration
Démonstration
Scénario illustratif — Situation : Une économie augmente l’investissement et la production manufacturière sur une décennie. Reconnaissance : La productivité et l’emploi manufacturiers croissent plus vite que dans les services. Action : La hausse des salaires et de la production manufacturière stimule la demande pour les services et inputs, et des retombées productives élèvent l’efficacité de l’ensemble. Conséquence : La croissance du PIB s’accélère et la part manufacturière soutient l’expansion durable.
Mauvaise application
Mauvaise application
Considérer ces lois comme des axiomes immuables imposant une politique industrielle manufacturière en toutes circonstances, ou les appliquer sans vérifier la structure commerciale, le changement technologique ou le rôle des services échangeables.
Conséquence
Conséquence
Si les décideurs s’appuient sur ces régularités dans des contextes où elles s’appliquent, la politique industrielle et l’investissement manufacturier peuvent catalyser la croissance ; en cas de mauvaise application, les ressources peuvent être détournées de secteurs offrant de meilleurs gains de bien‑être selon l’avantage comparatif.
Inversion
Inversion
Les régularités s’affaiblissent ou s’inversent lorsque les services (notamment les services numériques échangeables) produisent des externalités de productivité comparables, lorsque la productivité manufacturière stagne, ou lorsque les conditions externes modifient l’avantage comparatif.
Limite
Limite
Clairement dans : économies d’industrialisation où la manufacture présentait des avantages productifs soutenus. Cas limite : économies à moteurs de croissance mixtes où la manufacture contribue sans dominer. Clairement hors : économies où les ressources ou les services échangeables sont les principaux moteurs de croissance.
Tension sémantique
Tension sémantique
Promotion industrielle active et encouragement de la manufacture ↔ principe d’avantage comparatif et spécialisation conduite par le marché ; les lois signalent des motifs empiriques susceptibles d’orienter la politique, sans pour autant trancher l’optimalité de l’intervention.
Synthèse
Synthèse
Les lois de Kaldor doivent être lues comme des régularités empiriques historiques : les liaisons de productivité et de demande de la manufacture peuvent impulser la croissance générale, mais elles dépendent de conditions structurelles et ne constituent pas des lois économiques universelles.